Article de Claire Krähenbühl, une poète, écrivaine

La première vision que j’ai d’Anne-Thérèse Bieri musicienne est celle, un peu floue, d’une jeune femme sous un petit chapeau noir à voilette. Image floue et pourtant  étayée par ce que je sais : c’était vers 1985 dans un  établissement chic de Montreux, brasserie ou tea-room, au temps du Trio Retro. Piano et cordes, Anne-Thérèse est au violon. Trois fois par semaine à l’heure du thé, ces jeunes dames au look belle époque, - boas et fanfreluches - charment les habitués  par des valses viennoises ou des tangos langoureux. Un répertoire léger, dansant.

 

Au fil des années, leur style musical  change, évolue vers  le charleston et la mode  suit : sautoirs de perles et  robettes courtes.  On invite les musiciennes pour animer des noces, des anniversaires, des soirées à thèmes. Je me souviens de chansons coquines ou réalistes qui leur vont bien. Elles sont piquantes avec un petit côté « cabaret ». Peu à peu elles s’ouvrent à  la musique traditionnelle et réalisent qu’il leur faut un nom. Pas facile de trouver celui qui les résumerait, elles ont tant de facettes ! Un beau soir, Tamatakia surgit ; Il  convient parfaitement à  leur nouveau  programme qui  nous fait voyager du Bosphore aux Balkans.

 

Depuis quelque temps, sans pour autant abandonner Tamatakia, Anne-Thérèse occupe de plus en plus souvent la scène en solitaire. Seule mais solaire. Avec brio, elle nous propose un spectacle ébouriffant : elle chante, elle danse, elle joue de son violon et bricole de petits instruments :  un vrai numéro de cirque et de charme. Irrésistible !  Il lui suffit d’un  faux-nez rouge, d’une allure de clown et de son talent de comédienne pour séduire et amuser. Ajoutez des cordes ensorcelées, un archet virevoltant, une voix  qui chante comme un violon ;  entre larmes de rire ou d’émotion, la musique y trouvera son compte. 

 

Claire Krähenbühl

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